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Journaux de bord

Le journal de bord de Stéphane Tempier

Publié le 02/05/2014 18:19

BH-SR Suntour-KMC - "Le mono-plateau prédomine quasiment toujours en Coupe du Monde. Ça va du 34 au 38 dents. Reste à trouver le bon compromis."

Stéphane Tempier sur le circuit de CairnsStéphane Tempier sur le circuit de Cairns | © BH-SR Suntour-KMC

Stéphane, quelles ont été tes sensations sur les deux premières manches de la Coupe du Monde ?
Je suis arrivé fatigué à Pietermaritzburg, ce qui a été compliqué à gérer. Il m'a fallu adapter mon programme d'entraînement. J'ai plus fait de la récupération qu'autre chose au cours de la semaine qui a précédé la première Coupe du Monde. Ce n'est pas l'idéal mais il faut composer avec les aléas du moment. Dans ces conditions je ne m'attendais donc pas à faire un gros résultat. Je suis parti pour faire au mieux mais vu ma forme les objectifs ont été revus à la baisse. Ça allait pas mal en début de course mais je me suis ensuite effondré, ayant eu du mal à tenir le rythme tout le long, pour terminer 20ème.

Tu as eu alors deux semaines pour te retaper pour la deuxième manche à Cairns...
Avec l'entraînement en Australie c'est allé mieux en effet, j'ai réussi à bien récupérer. J'ai pu faire deux semaines selon le programme défini. En course ça s'est ressenti, le résultat est meilleur, 9ème, et j'ai eu de meilleures sensations. Maintenant j'aspire à faire encore mieux sur les prochains rendez-vous. La forme revient mais après les péripéties du mois de mars il me manque encore un peu d'entraînement spécifique.

Quel est le programme qui précède généralement une manche de Coupe du Monde ?
C'est un peu la semaine d'affûtage. On ne fait plus trop de longues sorties ou de grosses séances mais davantage d'entretien. Un petit rappel foncier, un petit rappel à PMA ou à allure course, tout en gardant du jus pour être frais pour la course du dimanche. Il faut entretenir les capacités propres à une course VTT, comme les hautes intensités, sans trop en faire.

Dans ces moments-là roulez-vous en groupe avec le team BH-SR Suntour-KMC ?
Quand on peut rouler ensemble, on le fait, mais chacun a son programme particulier, défini par son entraîneur personnel, donc souvent plus individuel. Mais il nous arrive de rouler à deux ou trois. Quand c'est un peu plus spécifique, on roule un peu plus chacun de son côté. Nous ne roulons donc pas tous les jours tous ensemble.

En arrivant sur le site, en quoi consiste tes reconnaissances du circuit ?
Nous arrivons d'ordinaire toujours trois ou quatre jours avant la Coupe du Monde. Cela nous permet de reconnaître le circuit sur deux ou trois jours. Sur le premier tour, on repère les passages techniques, que l'on teste plusieurs fois dans le but de passer de manière plus fluide, de trouver la bonne trajectoire. Outre la répétition de ces passages, on tourne sur le circuit à des allures différentes. On fait aussi un peu de fractionné pour voir comment on réagit à l'effort sur le parcours. Et c'est aussi l'occasion d'adapter le matériel.

Quels ajustements de matériel fais-tu justement en fonction des circuits ?
Le premier accent est porté sur le plateau. On roule généralement en mono-plateau, le double n'étant monté que si le circuit présente vraiment de gros contrastes, une alternance de parties roulantes et de parties raides. Le mono-plateau prédomine quasiment toujours en Coupe du Monde. Ça va du 34 au 38 dents. Reste à trouver le bon compromis : pas trop petit pour les portions plates, pas trop gros pour les montées. Mais les cassettes 10 vitesses, 11/36 à l'arrière, nous offrent un large choix. On joue aussi sur la pression de la fourche, le rebond. Avec le mécano de l'équipe, nous disposons de cartouches personnalisées. Sans oublier le type de pneu et leur montage entre l'avant et l'arrière, et la pression des pneus qui, sans qu'il s'agisse de grosses variations, peuvent changer la donne à 0,5 bar près.

Comment parviens-tu à définir ces nombreux paramètres ?
Ça se fait aux sensations, au pilotage. Dans le team, nous n'avons pas nécessairement les mêmes montages. Mais on trouve vite le choix qui nous correspond. Au final, il faut choisir entre deux ou trois options, mais aux sensations on voit vite celle qui nous convient le mieux.

Quel est le type de circuit que tu aimes rouler ?
Je préfère quand les circuits sont tracés en milieu naturel, quand c'est un peu rapide et que les descentes requièrent du pilotage. Je suis un peu moins fan des nouveaux obstacles artificiels comme les doubles bosses, les pierriers... C'est du spectacle mais pour moi ce n'est pas de la technique. C'est plus de l'engagement : on se lance et ça passe ou ça casse... Je préfère les circuits plus naturels, en pilotage, sur lesquels il convient vraiment d'amener le vélo, aller chercher les bonnes courbes, les bonnes trajectoires.

Le jour de l'épreuve, avant le départ donné à 15h30, comment s'organise ta journée ?
Je prends un petit-déjeuner un peu plus léger que d'habitude vers 8h00. Je traîne un peu puis je pars faire un petit tour à vélo d'une demi-heure, tranquille, pour faire un petit réveil musculaire et passer le temps aussi. Après la douche, on mange vers 11h00. Ça va être un plat de pâtes ou juste des féculents. On va à l'échauffement vers 14h00/14h15, sachant qu'on rentre en grille un quart d'heure avant le départ. Le temps de repasser au stand, de revérifier la pression, de prendre les bidons, il est temps de partir.

Comment se définit ton échauffement ?
Je pars tranquillement au début pour progressivement monter dans les intensités, par paliers, et finir à allure course. Il s'agit aussi de préparer le départ avec des simulations de départ pour être physiquement prêt mais être aussi dedans mentalement afin d'être capable de partir à fond au coup de sifflet !

Après la course, comment gères-tu les aspects de récupération ?
Pour l'instant je n'ai pas fait de podium et je n'ai pas eu de contrôle antidopage, donc c'est plus facile à gérer ! Après la ligne sur les deux premières Coupes du Monde, j'ai eu la liberté de faire un peu de récupération active. Le temps de passer au stand, de prendre un bidon de récupération, je suis tout de suite parti rouler. C'est l'histoire de vingt minutes pour tourner les jambes doucement. Quand on a le podium et le contrôle, c'est en revanche plus difficile car on pose tout de suite le vélo et on en a pour une heure à une heure et demie, mais on essaie toujours de rouloter un peu, l'important déjà étant de prendre la boisson de récup, se réhydrater et manger un bout pour refaire les réserves.